La phase de préparation d'une migration de site, étape par étape
La réussite d'une migration se joue avant la mise en ligne. Les étapes de la préparation, du cadrage à la recette sur la préproduction, et ce que chacune évite.
La réussite d'une migration de site se joue presque entièrement avant la mise en ligne. La préparation réduit les risques en fixant ce qui doit être migré, en gardant une trace de l'existant et en construisant le plan de redirection pendant que le nouveau site se développe. Voici ses étapes, dans l'ordre où elles se mènent.
1. Cadrer le projet
Écrivez les objectifs de la migration (ce qu'elle doit améliorer, et comment on le mesurera), son périmètre (les contenus, langues et sections concernés), l'équipe et le calendrier. Choisissez une date de mise en ligne hors des pics d'activité et informez toutes les personnes concernées, du service client au marketing. Le périmètre dépend du type de migration : voir les types de migration et leur périmètre, et pour le calendrier à quel moment réaliser le plan de migration.
2. Sauvegarder l'existant
Avant toute modification, sauvegardez les fichiers et la base de données de l'ancien site, ainsi que la liste de ses URL et de ses contenus. La sauvegarde se garde hors du serveur (en local ou sur un stockage en ligne) et permet de revenir en arrière en cas de problème.
Les outils de sauvegarde et de transfert de l'hébergeur (OVHcloud, par exemple) suffisent souvent, sans connaissance particulière. La base de données s'exporte aussi depuis phpMyAdmin, l'outil d'administration MySQL que fournissent la plupart des hébergeurs. Le détail est dans notre article sur la sauvegarde des données avant une migration et celui sur la sauvegarde de la base de données.
3. Inventorier les URL et les contenus
Dressez la liste de toutes les URL qui comptent : celles d'un crawl de l'ancien site (Screaming Frog ou un autre crawler), mais aussi celles de la Search Console, des outils de liens (Ahrefs, Majestic), des journaux du serveur et des anciens sitemaps. Une page absente des menus peut encore recevoir des liens et du trafic. Repérez aussi les URL à supprimer, qui répondront par un code 410.
Pour les contenus, un inventaire page par page dit ce qui doit être repris, réécrit ou abandonné : voir la reprise de données lors d'une refonte.
4. Relever les mesures de référence
Pour juger la migration, il faut pouvoir comparer. Relevez avant la mise en ligne les performances du site avec PageSpeed Insights et les Signaux Web essentiels : le temps d'affichage du plus grand élément de contenu (LCP), la réactivité de la page aux interactions (INP) et la stabilité visuelle de la mise en page (CLS). Exportez aussi les pages et requêtes de la Search Console et les rapports de Google Analytics 4 sur les pages et les conversions (voir sauvegarder les données Google Analytics 4).
5. Auditer les contenus et les mots-clés
La préparation est l'occasion d'améliorer le référencement plutôt que de recopier l'existant. L'audit de contenu dit quelles pages garder, fusionner ou retravailler. La recherche de mots-clés, avec des outils comme Ubersuggest, Semrush ou Ahrefs, vérifie que les pages de la nouvelle arborescence correspondent à des recherches réelles.
Vérifiez aussi les règles de base page par page : title et meta description, hiérarchie des titres, liens internes et externes. Ce qui manque sur l'ancien site doit figurer dans les spécifications du nouveau.
6. Écrire les spécifications SEO
Les développeurs ont besoin de règles écrites : structure des URL, balises title et meta description, balises canonical, hreflang pour un site multilingue, données structurées, pagination, sitemap XML, robots.txt et temps de chargement attendus. Remises tôt, ces spécifications évitent de découvrir les écarts pendant la recette, quand il est tard pour les corriger.
7. Recenser les liens externes
Les liens d'autres sites vers le vôtre sont une part essentielle de son référencement. Recensez dès le début de la refonte les URL qui en reçoivent (Search Console, Ahrefs, Majestic) et évaluez leur qualité, par exemple avec le Trust Flow de Majestic : ce sont les URL dont la redirection ne doit en aucun cas manquer. Voir l'importance des backlinks lors d'une migration.
8. Construire le plan de redirection
Le plan de redirection fait correspondre chaque ancienne URL à sa nouvelle adresse. Il se construit sur la préproduction, dès que les nouvelles pages existent, puis se vérifie par un nouveau crawl juste avant la mise en ligne : tant que le nouveau site n'est pas figé, ses URL peuvent encore changer. Voir le plan de redirection.
9. Préparer l'environnement de test
La préproduction sert à tester le nouveau site dans les conditions du réel, sans qu'il soit indexé : redirections, liens internes, balises, formulaires, tunnel de commande, temps de chargement. Gardez-la fermée aux moteurs (mot de passe ou noindex) et vérifiez que ces réglages ne passeront pas en production. Les vérifications à faire sont dans notre checklist de migration, et les pièges les plus courants dans les erreurs à éviter lors d'une migration.
Se faire accompagner
Si le code, le développement ou le référencement ne vous sont pas familiers, confiez la préparation à une équipe qui a l'habitude des migrations : elle prendra en charge les analyses, la migration technique et les tests. Ce n'est pas un projet à minimiser, c'est votre trafic et vos clients qui sont en jeu.
Swan crawle votre ancien site et la préproduction, propose les correspondances entre leurs pages et prépare votre plan de redirection.